Bolivie : en difficulté, la présidente auto-proclamée Jeanine Áñez annule un déplacement pour des raisons de sécurité

19 novembre 2019

Jeanine Áñez va-t-elle devoir se confiner dans son palais comme le président d’Haïti, Jovenel Moise?

Mardi 19 novembre 2019 – Les choses ne tournent pas rond pour la nouvelle présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Áñez, qui pensait pouvoir remplacer sans anicroche le président déchu, Evo Morales, réfugié au Mexique.

Devant se rendre dans la province de Beni, (nord’est du pays), l’ancienne sénatrice qui s’est auto-proclamée présidente, a finalement annulé son déplacement.

Son ministre de l’intérieur, Arturo Murillo, a évoqué, sans apporter de preuves, une menace de mort crédible formulée à l’encontre de la présidente provisoire par « un groupe criminel » composé de Vénézuéliens, de Cubains et de Colombiens.

Depuis son entrée en fonction, Áñez est confrontée à une révolte populaire sans précédent. Les indigènes (plus de 50% de la population) l’ont rejeté en bloc et organisent sans relâche des manifestations et ont érigé des barrages routiers dans des points stratégiques, bloquant l’approvisionnement en essence et produits alimentaires dans plusieurs zones du pays.

Pour mater la fronde populaire, la présidente a fait appel à l’armée tout en accordant l’immunité à ses membres durant les opérations. Plusieurs paysans ont d’ailleurs perdu la vie durant les rassemblements pour exiger le retour au pouvoir de l’ex président.

De son coté, Evo Morales a déclaré que la sénatrice de dirige pas un gouvernement de transition, mais a constitué un pouvoir de facto. C’est « un gouvernement de trahison envers la Patrie », a lancé l’ex-président, tout en appelant les travailleurs et le peuple bolivien en entier à s’unir contre cette nouvelle dictature..