COVID-19: L’odeur du déclin et d’un lendemain meilleur

4 avril 2020

Samedi 4 avril 2020 – L’heure est grave. On ne ressent plus les arômes du café, du rosier, de l’églantier, des fraises ou du lilas qui se répandaient jusqu’au dessus des toits laissant la place aux odeurs sépulcrales.

C’est le déclin total. Un effondrement socio-économique et sanitaire d’envergure mondiale sans précédent qui remet en cause le nouvel ordre mondial. Un monde en état de veille placé sous respiration artificielle ou ventilateur mécanique sous le regard impuissant d’un personnel médical dévoué.

New-York, ville phare de la culture américaine qui ne dort jamais et où les gens grouillaient dans un aller-retour au quotidien sans se fatiguer, est quasi complètement en soins de confort. Les morts s’entrechoquent en attendant des funérailles qu’ils n’auront jamais au vu des mort-vivants ou des fantômes qui attendent leur tour sans rendez-vous. Dans les couloirs de la mort, on n’entend que des monologues.

Confinement, pandémie, distanciation sociale, Covid-19, corona, carona ! On ne sait quoi dire devant à la mort imminente pour laquelle personne n’était prête ! Du jamais vu de l’histoire de ce millénaire ! On assiste à un chamboulement de toute l’humanité transcendant mêmes certaines normes de bienséance et du vivre ensemble. 

L’espérance de vie de l’homme chute drastiquement à quelques instants même dans les pays dotés des meilleurs systèmes sanitaires du monde où elle dépassait les 70 ans. Les nourrissons qui sont nés d’hier, indépendamment des traditions ou des cultures, ne seront éventuellement pas familiers aux salutations d’usage d’antan.

Même les prostitué-e-s se sont adapté-e-s aux mesures de distanciation sociale. Il n’est même pas peut-être exagéré de s’attendre à ce que le doigt d’honneur devienne une norme conventionnelle à l’échelle planétaire en guise de salutation.

Que reste -t-il ? Plus rien. Même l’espoir dans les rayons des supermachés et les prière-miracles assez dispendieux des prophètes auto-proclamés sont en rupture de stock. Les survivants qui restent aux premières loges pour prodiguer des soins aux premiers arrivés égrènent leurs chapelets espérant que leurs dirigeants respectifs selon qu’ils soient plus puissants ou pas arrivent à remporter la guerre de l’acquisition ou du détournement des matériels de protection individuelle. 

Entre-temps, il y a des gouvernements attentistes et corrompus qui ne font qu’attendre l’aide des bailleurs pour en détourner.

Au moment ou l’on se demande quand est ce que la vie au quotidien reviendra à la normale, des experts du temps de déclin laissent croire qu’on ne sortira pas de l’auberge demain. Mais pour les idéalistes, ils croient dur comme le roc qu’il peut avoir un meilleur lendemain si les dirigeants de la planète sont capables de tirer leçons des avertissements de cette pandémie n’ayant ni frontière géographique ou épidermique ni agenda.

Peut-être on devra comprendre que la planète n’est qu’un petit pays, que nous nous soumettons aux mêmes lois de la nature. Soit nous mourrons tous, soit qu’ils harmonisent leurs rapports avec les autres peuples pour répandre l’odeur d’un lendemain meilleur après les vagues du déclin.

Wilton Vixamar 
2020-04-02