La Constitution de 1987 et sa version amendée reviennent à la charge dans l’hypothèse d’un départ anticipé de Jovenel Moise du pouvoir. Le Jeune Barreau de Port-au-Prince initie le débat dans un contexte au contour improbable cristallisé par des controverses sur le profil du prochain locataire du Palais national, vu que l’actuel occupant souffre un déficit de moralité selon le Groupe des Quatre sénateurs
Port-au-Prince, mardi 4 juin 2019 ((rezonodwes.com))–L’audit de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif sur le programme Petro Caribe ouvre désormais la voie à une possible destitution du 58ème Chef d’État haitien. Un événement singulier dans beaucoup de pays où personne n’est au-dessus de la loi et que le premier citoyen doit être au-dessus de tout soupçon.
Jovenel Moise, présumé d’être au ‘’cœur d’un stratagème de détournement de fonds’’, voit son séjour au Palais national de plus en plus fragilisé en raison des voix qui se sont élevées pour exiger son départ et à la justice de fixer les responsabilités dans les cas de crimes financiers. Dans l’hypothèse de démission du Chef de l’État, Jovenel Moise, les options possibles à son remplacement se font encore problématiques.
‘’Conformément aux prescrits de la Constitution amendée, le profil du prochain Chef d’État répondra au Premier ministre. Cependant, vu le contexte, il sera impossible d’envisager l’option du Chef de gouvernement car la ratification de Jean Michel Lapin est encore dans l’impasse’’, analyse Eddy Paul Fleurant, secrétaire général adjoint du Jeune Barreau de Port-au-Prince.
L’horizon s’assombrit pour Jovenel Moise et les jours du dauphin de Michel Martelly aux commandes de l’État sont désormais comptés. Des secteurs continuent d’exiger son départ et les positions se radicalisent de plus en plus.
Aux dernières nouvelles, Réginald Boulos, l’un des plus influents du secteur privé des affaires a déjà choisi son camp en encourageant Jovenel Moise à partir. Dans l’entourage de l’Exécutif, d’autres voix continuent de prendre fait et cause pour Jovenel Moise. Dans le cadre d’un dialogue et dans la perspective d’éviter une effusion de sang, des options restent encore ouvertes. Dans les coulisses des ambassades et dans salons des missions diplomatiques, le nom de la juge Wendelle Coq Thélot résonnait.
‘’Attention, il faut relativiser. Dans la perspective d’un départ de Jovenel Moise, il faudra dans ce cas envisager l’option de la Constitution de 1987. Dans ce cas, le choix sera porté sur la Cour de Cassation’’, examine Eddy Paul Fleurant.
Où est donc passé le Docteur Jack Guy Lafontant qui préconise « un pouvoir tèt kalé pour au moins 30 ans en Haïti ». L’ex-PM avait-il prévu l’éventuel scandale à sensation et l’indignation de tout un peuple apprenant que son président a participé au détournement de plus de $4 milliards de fond de Petro Caribe ?
Hervé Noël
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