Gonaives – Justice : « Pour avoir rencontré un citoyen », le commissaire du Gouvernement lance une vingtaine de mandats d’amener

7 décembre 2019

Le Parquet des Gonaives qui, en 2016, a fait sortir de sa cellule un prisonnier pour aller opérer une transaction bancaire en US dollars et libérer, un dimanche, un prisonnier déjà jugé et condamné à une peine afflictive, non commuée, se lance dans une véritable chasse à l’homme ces derniers jours contre une vingtaine de militants ayant été récemment aperçus à Raboteau en compagnie d’un ancien ami et supporteur de Jovenel Moise, l’ex-député Arnel Bélizaire.

Cité de l’Indépendance, samedi 7 décembre 2019 – A quelle école de formation en sciences juridiques, le commissaire du gouvernement des Gonaives, Me. Serard Gacius, a-t-il été formé pour pouvoir émettre des mandats d’amener à l’encontre de plusieurs personnes avec pour seul motif « rencontre avec un citoyen« . Le président Jovenel Moise sera-t-il lui aussi poursuivi par Maître Gacius, pour sa lune de miel avec le citoyen Arnel Bélizaire, en février dernier ?

« C’est une véritable et grave infraction pénale« , a souligné le sénateur Youri Latortue, également licencié en Droit. Le commissaire Gacius, a péché par excès de zèle en introduisant dans le système pénal haitien des « motifs » pour persécuter les opposants au pouvoir envers lequel il a des redevances, a-t-il dénoncé en substance.

Me. Gacius qui, semble-t-il, n’a aucune souvenance de la triste fin de l’ex-capitaine FAd’H, Castera Sénafils, dans le dossier de Raboteau, a sa propre définition de la notion de justice pour plaire à Jovenel Moise, a rappelé Latortue affirmant avoir discuté avec l’émissaire américain David Hale, la série de mandats d’amener émis par les Parquets de Port-au-Prince, des Gonaives, du Cap-Haïtien… à l’encontre de virulents opposants au régime corrompu PHTK, sur demande expresse du Palais national.

Soulignons que pour l’histoire, sous l’administration Martelly-Paul, tout de suite après le procès expéditif, suivi de la libération de Sonson La Familia, un autre scandale en matière de justice allait éclater aux Gonaives. Un parquetier avait fait temporairement relaxer un prisonnier pour aller effectuer une transaction bancaire en faveur d’un clan au contrôle de l’appareil judiciaire de la ville.