« Cette déclaration du Commissaire du Gouvernement me surprend. Les sénateurs présents, autant que le PM Céant, le ministre de la justice Roudy Aly, donc maître Villard aussi, à qui la première partie du rapport a été remise, savaient que la deuxième devait suivre sans délai » ainsi se prononce le Sénateur de l’Ouest, Patrice Dumont, contacté mercredi par Rezo Nòdwès
Port-au-Prince, mercredi 5 juin 2019 ((rezonodwes.com))– Le Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince qui a abandonné tout suivi dans l’Affaire des 7 mercenaires, alors qu’il est censé en tout temps représenter les intérêts de la société tout en appliquant, dans les limites des prescriptions de la loi, « la politique pénale du gouvernement« , a déclaré qu’il ne peut pas décider sous la base d’un rapport pour mettre l’action publique en mouvement« .
À entendre, Me. Éronce; il laisse présager qu’il ne défend que les intérêts du gouvernement et par dessus tout, le Président Jovenel Moise indexé dans le Rapport final de la Cour des Comptes.
Tout compte fait et ce, sans vouloir rappeler au Commissaire du Gouvernement qu’il est en matière de crime financier, tenir de poursuivre. C’est déjà, un très mauvais précédent de sa part de donner une connotation politique à un dossier de vérification des deniers de l’Etat. Il défend quoi au juste les intérêts de la société haïtienne ou ceux des auteurs, co-auteurs et complices dans ce vaste gaspillage des Fonds de Petro Caribe? Lui seul en connaît les serrages et les détours de la légalité de sa fonction!
Quelle est l’utilité de la poursuite d’un tel dossier? poursuit le Commissaire du Gouvernement dans son élan qui sent l’odeur de la politique: « Je peux confirmer que c’est un rapport éminemment politique », a insinué Paul Eronce Villard, qui, d’habitude, n’opine pas publiquement sur un dossier tant qu’il n’a pas été appelé à statuer là-dessus, selon ce qu’il a confié auparavant à Rezo Nòdwès qui l’interrogeait sur le rapport de la DCPJ indexant le Délégué départemental de l’Ouest et le DG du ministère de l’Intérieur, comme des présumés auteurs ou co-auteurs dans le dossier du massacre de La Saline.
M. Villard dont les déclarations tenues, lors de cette conférence de presse, semblent orienter dans le même sens du refrain des conseillers du président Jovenel Moise tentant depuis mardi de discréditer le rapport de la Cour, a toutefois laissé entendre qu « ‘il revient aux autorités politiques de saisir la justice du dossier«. Les autorités politiques n’ont à voir dans un dossier de justice.
Une affirmation de trop.
« On ne peut pas lancer l’action publique en mouvement en deux sur le même dossier » a-t-il lancé oubliant que d’autres éléments de détournements de fonds de Petro Caribe dont les 2 contrats de Jovenel Moise (Agritrans et Betex) ont été ajoutés au brûlant dossier de crime financier des deux derniers siècles en Haïti, le pays le plus pauvre de l’hémisphère et l’un des plus corrompus de la Caraïbe. Dans cette même conférence, il a ajouté qu’il respecte la loi? Peut-on respecter la loi, si l’on oublie les attributions de la fonction de poursuite?
Pour sa part, le Sénateur Dumont affirmant n’avoir aucun doute sur la passation du rapport final de Petro Caribe à la justice haïtienne, sans toutefois citer les différents canaux officiels à suivre, a anticipé les attentes sur le « bon usage » qui en sera fait.
En outre, il a précisé que ce rapport, de plus de 600 pages, avons-nous relevé avec les noms de deux compagnies du président Jovenel Moise se trouvant insérer, sera servi « comme instrument de base pour mener une instruction en bonne et due forme au procès Petro Caribe qui devra bien se tenir«.
Le Commissaire entend d’ores et déjà défendre les intérêts d’une certaine société au micro de la presse en guise de rédiger un Réquisitoire Supplétif et d’acheminer la deuxième partie d’un seul Rapport de la Cour des Comptes au greffe du Cabinet d’instruction pour les suites de droit.





