Port-au-Prince de moins en moins accueillant

Écrit par Esdra Jeudy -12/11/21

Le Centre-ville de Port-au-Prince est délaissé, livré depuis des lustres aux gangs armés. Ils imposent leurs volontés aux citoyens et commettent leurs méfaits en toute impunité. Craignant pour leur vie, les citoyens l’ont pratiquement déserté, et c’est dans ce milieu qui fonctionne en dehors de tout contrôle des autorités étatiques, que se trouve le Palais de justice.

Emprunter les voies qui donnent accès aux bâtiments abritant le Palais de justice exige énormément de courage et de la détermination. Des immondices jonchent les rues, très peu de gens y sont remarqués. Au Bicentenaire, la tension est à son paroxysme. Les rares personnes qui décident de braver le danger sont souvent en train de courir. Il ne fait aucun doute que cette zone fonctionne en marge des lois de la République.



 Au Palais de justice aux heures de bureau, il est difficile d’imaginer des employés et des professionnels de droit à l’intérieur, car l’espace semble être laissé à l’abandon. La cour, habituellement gorgée de voitures est quasiment vide. À l’intérieur, les quelques employés présents errent dans les couloirs comme des zombies, les principaux services étant fermés.


Ce jeudi 11 novembre était la date retenue par le parquet de Port-au-Prince pour organiser une audience correctionnelle spéciale afin de juger les personnes appréhendées pour vente illégale des produits pétroliers.

Et, à 12 h 43 exactement les caïds de la zone décident de mettre leur grain de sel en tirant partout. Les gens sont pris dans le piège, incapables de laisser l’espace, car les deux artères bordant l’espace sont occupées par les bandits. « C’est comme ça tous les jours, on finit par s’y habituer, parfois les gangs viennent même à l’entrée pour tirer », a déclaré un agent de sécurité assis paisiblement sur une chaise.



 Un calme apparent est revenu aux alentours de 13 h. Le commissaire du gouvernement ne se s’est pas présenté pour l’audience. Les travailleurs de la presse qui se trouvaient encore dans l’espace en ont profité pour quitter la zone en vitesse.

Esdra Jeudy