Des centaines d’Haïtiens expulsés du Canada : Ils sont utilisés comme boucs émissaires, selon des organisations

10 août 2018 Rezo Nodwes

L’accélération des déportations des Haïtiens inquiète des organisations qui estiment que ces migrants sont utilisés comme boucs émissaires pour dissuader d’autres groupes comme les Salvadoriens et Honduriens de traverser la frontière des États-Unis en direction du Canada

Vendredi 10 août 2018 ((rezonodwes.com))– Un total de 501 ressortissants haïtiens ayant traversé d’une manière jugée irrégulière la frontière du Canada avec les États-Unis ont été renvoyés vers leur pays de naissance par l’Agence des services frontaliers, depuis la grande vague de demandeurs d’asile l’année dernière, a rapporté TVA Nouvelles.

Cette situation a soulevé une vive inquiétude au sein de la communauté haïtienne et parmi les membres des organisations œuvrant pour la protection des droits des migrants qui estiment que les autorités de l’immigration utilisent les Haïtiens comme boucs émissaires pour dissuader des groupes ethnoculturels de venir demander l’asile au Canada.

Le Comité d’action des personnes sans statut et l’organisation Solidarité Sans Frontières ont ainsi organisé des manifestations pour exiger la suspension des mesures de renvoi en raison des violences survenues le mois dernier en Haïti.

La Concertation Haïtienne pour les Migrants (CHPM) a, de son coté, interpellé le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, suite à l’avis du gouvernement canadien recommandant d’éviter tout voyage en Haïti en raison des tensions qui persistent à travers le pays.

Compte tenu des récentes violences et de la précarité de la situation actuelle dans ce pays, la CHPM a exigé l’inclusion d’Haïti dans la liste des pays sous moratoire.

« Si Haïti n’est pas considéré un endroit sécuritaire pour les Canadiens, pourquoi le serait-il pour les Haïtiens qu’on déporte très souvent aux frais des contribuables?» s’est interrogé Frantz André du Comité d’Action des Personnes sans Statuts, affirmant par ailleurs que l’avenir d’Haïtiens vivant au Canada depuis une dizaine d’années n’est plus sûr.